OB 2025 – Palinopsie illusoire révélatrice d’un accident vasculaire cérébral occipital

Palinopsie illusoire révélatrice d’un accident vasculaire cérébral occipital

La palinopsie est un phénomène visuel positif caractérisé par la persistance ou la réapparition d’images après disparition du stimulus visuel. Elle constitue un symptôme rare, aux causes multiples, incluant migraines, médicaments, substances psychoactives, épilepsie ou lésions cérébrales.

Voici un cas dans lequel une palinopsie illusoire a constitué le symptôme inaugural d’un AVC occipital ischémique.

Un homme de 88 ans consulte pour des troubles visuels évoluant depuis un mois , décrits comme des « afterimages » : quelques secondes après avoir regardé un objet vivement coloré, il perçoit une forme floue, non transparente, rappelant vaguement l’objet initial . Ce phénomène est précédé de l’apparition de formes géométriques colorées, disposées en grille, se déplaçant lentement et disparaissant en quelques secondes. Le patient rapporte également un défilement visuel (visual trailing) et des traînées lumineuses (light streaking), surtout nocturnes.

L’examen ophtalmologique est globalement rassurant : l’acuité visuelle corrigée est de 8/10e à droite et 7,5/10e à gauche, la vision des couleurs est normale, sans déficit pupillaire relatif ni anomalie du fond d’œil. En revanche, l’exploration automatisée du champ visuel révèle une quadranopsie homonyme inférieure gauche partielle, confirmant une atteinte rétrochiasmatique.

L’IRM cérébrale met en évidence une lésion ischémique du cortex calcarin droit, confirmant le diagnostic d’AVC occipital. Les antécédents du patient retrouvent une fibrillation atriale (FA paroxystique), avec interruption récente de l’anticoagulation orale pour complications hémorragiques cutanées, fournissant un contexte étiologique cohérent. Après bilan cardiovasculaire, le traitement anticoagulant est réintroduit.

Ce cas souligne l’importance de distinguer les deux grands types de palinopsie :

– la palinopsie hallucinatoire, liée à des lésions corticales postérieures et à une dysfonction de la mémoire visuelle

– la palinopsie illusoire, plus fréquente, correspondant à une altération de la perception visuelle, souvent influencée parles conditions lumineuses, le mouvement ou le contraste.

Si la palinopsie est classiquement associée à des phénomènes hallucinatoires, cette observation montre qu’une palinopsie illusoire peut, plus rarement, révéler une lésion structurale de la voie visuelle postérieure, en particulier un AVC occipital.

Conclusion : Toute palinopsie récente et persistante doit faire évoquer une lésion de la voie visuelle postérieure et justifier un champ visuel et une imagerie cérébrale, même en l’absence de signes ophtalmologiques évidents.

Référence :

D’après la communication du Dr Ema Smola, CHU Saint Pierre, Bruxelles