Le déficit en cellules souches épithéliales limbiques, dont l’étiologie principale est la présence de brûlures caustiques, est à l’origine d’une destruction de la surface oculaire. Ce déficit va engendrer des défauts épithéliaux chroniques et un envahissement de la surface cornéenne par un épithélium vascularisé et opaque d’origine conjonctivale.

Théorie des cellules souches limbiques

La surface oculaire est un système autoprotecteur multifactoriel qui inclut les paupières, la conjonctive et son tissu lymphoïde, la glande lacrymale et ses glandes accessoires, le limbe, la cornée et le film lacrymal (1). Elle permet le maintien de la transparence cornéenne. Le limbe est le point de contact entre l’épithélium conjonctival, qui possède des cellules à mucus participant à l’élaboration du film lacrymal, et l’épithélium cornéen transparent, dont les jonctions intercellulaires assurent l’étanchéité et la qualité réfractive de la cornée. En 1966, Hanna décrivit initialement la ré-épithélialisation centripète limbique de l’épithélium cornéen (2). Vingt ans plus tard, Schermer (3), Cotsarelis et Ebato (4) reconnurent l’existence d’un type spécifique de cellules provenant du limbe, qui avaient un cycle cellulaire plus long et un potentiel de régénération élevé. Le limbe est fonctionnellement important, puisqu’il contient au niveau de sa couche basale les cellules souches qui vont donner naissance à l’épithélium cornéen (5). Les cellules souches, exclusivement localisées au niveau de la couche basale de la région limbique, ont un cycle cellulaire très lent, mais une durée de vie quasiment illimitée. Sous l’influence de stimuli biochimiques ou mécaniques, elles se transforment en cellules amplificatrices transitoires. Ces cellules, douées d’une forte activité mitotique, mais n’ayant plus qu’un potentiel de vie limité, ont un mouvement de migration centripète le long de la couche basale et sont d’autant plus différenciées qu’elles se rapprochent du centre de la cornée. En quittant la couche basale et en se déplaçant vers la surface, elles perdent leur pouvoir mitotique avant de mourir et de desquamer. L’épithélium cornéen est un tissu à renouvellement rapide : il a la capacité de se régénérer entièrement tous les 7 jours.

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