Un autre regard en ophtalmologie

Un implant photovoltaïque sans fil sous-rétinien pour  la DMLA atrophique évoluée

par Pauline Eymard

L’implant PRIMA est un implant de 2×2 mm et de 30 µm d’épaisseur, placé en position sous-rétinienne sous la macula, sans fil, composé de 400 photodiodes stimulées dans le spectre du proche infrarouge.
Le patient est équipé de lunettes avec une caméra et un processeur portable. L’implant sert à remplacer les photorécepteurs non fonctionnels ou disparus, et utilise les cellules bipolaires et ganglionnaires du patient pour transmettre l’information visuelle au cerveau.
Une étude est menée en Europe (présentée ici) et aux États-Unis : cinq patients ont été implantés en France avec l’implant PRIMA, tous âgés de plus de 60 ans, avec une DMLA atrophique évoluée, une acuité visuelle ≤ 20/400 et sans perception fovéale. Les patients ont eu une rééducation par les orthoptistes et parviennent progressivement à déchiffrer les lettres séparément. Il n’y a pas eu d’effet secondaire grave lié à l’implant et des complications liées à la procédure chirurgicale ont été traitées (un décollement de rétine). La vision naturelle périphérique sans les lunettes spéciales était préservée chez les cinq patients. À 12 mois, la tolérance de l’implant était bonne. Le nombre d’effets indésirables non graves pourrait être réduit avec l’amélioration de la technique chirurgicale et de la délivrance de l’implant. Cette étude confirme donc la faisabilité technique et la sécurité de l’implant sous-rétinien PRIMA. Tous les patients ont atteint le critère d’efficacité fonctionnelle primaire (perception de lumière dans une zone précédemment de scotome absolu). La plupart des patients parviennent à lire des lettres séparées et des mots courts.

Référence :
Le Mer Y et al. One year results of PRIMA, a photovoltaic wireless subretinal implant for advanced atrophic dry age-related macular degeneration. Free Paper Session 10. AMD II. Euretina 2019.

L’inhibition du complément : l’une des clés dans la DMLA atrophique ?

par Marie Azar

De nombreux gènes codant pour le complément sont associés à un haut risque de DMLA atrophique. Une activation chronique du complément, faisant partie du système immunitaire, est retrouvée dans les yeux atteints de DMLA chronique. Différentes voies d’activation du complément existent, mais celle qui nous intéresse ici est la voie du C3, qui peut notamment être inhibée par la molécule APL-2.
L’étude FILLY de phase 2 a comparé un placebo à une injection d’APL-2 : 1 mois sur 2 versus une tous les mois. On retrouve une diminution de la croissance de la lésion en racine carrée respectivement de 20 et 29 % (p = 0,07 et p = 0,08) de l’atrophie par rapport au groupe placebo. À la fin de l’étude (M12), une réduction significative (p > 0,5 et p = 0,47) de la taille de l’atrophie (en mm), de respectivement 9 et 12 % par rapport au groupe placebo, est observée. À l’arrêt du traitement à 12 mois, une nouvelle augmentation de la taille de l’atrophie est décrite. Sur le plan de la sécurité, 26 cas de DMLA exsudative ont été décrits sur les 246 yeux inclus dans l’étude, avec une moyenne d’apparition de 256 jours (de 31 à 555).
En résumé, l’activation du C3 entraîne la mort des cellules de l’épithélium pigmentaire, précurseur dans la DMLA atrophique. L’étude FILLY sur l’APL-2 a montré son efficacité dans l’inhibition de la croissance de l’atrophie. Deux études pivotales sont en cours, OAKS et DERBY, pour lesquelles les résultats sont très attendus.

Référence :
Chakravarthy U. Apl-2 treatment for geographic atrophy. Euretina Session 11. AMD. Euretina 2019.

Le PDS : un système novateur

par Marie Azar

Le traitement par anti-VEGF intravitréen est la norme de traitement acceptée par les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge néovasculaire. Mais la nécessité d’injections répétées peut décourager le patient et donc entraîner une baisse de l’acuité visuelle.
Le système de distribution portuaire avec ranibizumab (PDS) est un système de délivrance de médicaments novateur, à action prolongée, susceptible de réduire la charge de traitement tout en maintenant des résultats de vision optimaux et en permettant la délivrance continue de ranibizumab dans le corps vitré. L’étude LADDER de phase 2 est une étude comparant le PDS rempli de ranibizumab à 10 mg/ml, 40 mg/ml, 100 mg/ml ou de ranibizumab intravitréen mensuel à 0,5 mg.
Le délai médian avant le premier renouvellement d’implant était de 8,7, 13,0 et 15,0 mois dans les bras PDS 10 mg/ml, PDS 40 mg/ml et PDS 100 mg/ml, respectivement. Au 9e mois, le changement de l’acuité visuelle par rapport aux valeurs initiales était de -3,2 lettres ETDRS, -0,5 lettres ETDRS, +5,0 lettres ETDRS, et de +3,9 lettres ETDRS dans la PDS 10 mg/ml, PDS 40 mg/ml, PDS 100 mg/ml, et bras mensuels de ranibizumab intravitréen à 0,5 mg, respectivement.

Les procédures d’insertion et de remplissage d’implant PDS ont été généralement bien tolérées, car rapides et peu douloureuses. L’une des complications rapportées est l’hémorragie intravitréenne, avec un taux en postopératoire de 4,5 %. Le PDS peut potentiellement réduire la charge de traitement dans la DMLA exsudative tout en maintenant la vision.

Référence :
Loewenstein A. PDS with long-acting drug delivery. Euretina Session 11. AMD.
Euretina 2019.

Une nouvelle génération d’anti-VEGF dans la DMLA exsudative

par Marie Azar

Depuis plusieurs années maintenant, les anti-VEGF sont les molécules de référence dans le traitement de la DMLA exsudative. Le problème des anti-VEGF actuels est la longue durée de traitement avec de très nombreuses injections, la question de l’arrêt du traitement et la baisse inéluctable de l’acuité visuelle au cours des années. Depuis quelque temps, se développe une nouvelle génération d’anti-VEGF pour l’instant encore à l’étude et non commercialisée.
Le conbercept (Kanghong Biotech) agit sur VEGF-A, VEGF-B et PLGF. Une étude chinoise a montré une supériorité du conbercept dans l’amélioration de la stabilité de l’acuité visuelle à 12 mois par rapport au groupe contrôle aflibercept.
Le brolucizumab (Novartis), quant à lui, est une molécule de petite taille, ce qui permet une plus forte concentration par rapport à l’aflibercept. Les études HAWK et HARRIER montrent une réduction du fluide sous-rétinien à 16, 48 et 96 semaines par rapport à l’aflibercept. L’abicipar pegol (Allergan) dans les études CEDAR et SEQUOIA permet le maintien de l’acuité visuelle avec une diminution du nombre d’injections.
Pour finir, le faricimab (Roche), un traitement combiné agissant à la fois sur Ang-2 et VEGF-A, les pourvoyeurs de l’angiogenèse, est en cours de développement. Les études de phase 2 AVENUE et STAIRWAY montrent une stabilité en termes d’acuité visuelle.
De nombreuses études de phase 3 sont en cours pour les différentes molécules afin de les proposer rapidement aux patients.

Référence :
P. Dugel. New pharmacologic agents for neovascular AMD therapy. Euretina Session 11 : AMD. Euretina 2019.

L’OCT, star de la nouvelle classification de l’atrophie dans la DMLA

par Marie Azar

Afin d’homogénéiser les discours et la prise en charge du patient, un collège d’experts (CAM : classification of atrophy meeting) s’est réuni afin de débattre autour de la DMLA atrophique. La nouvelle classification de l’atrophie en 2019 se base sur l’aspect en OCT. Il existe de nombreuses méthodes pour repérer et suivre l’évolution de l’atrophie. Tout d’abord les photos couleur, même si les limites exactes de l’atrophie sont floues. Les clichés en autofluorescence restent l’un des meilleurs examens, toutefois il faut se méfier des clichés en lumière bleue qui masquent la fovéa et donc posent le doute sur l’atrophie. Il faut donc absolument faire des clichés proche infrarouge (NIR). Les clichés infrarouge ou l’angiographie fluorescéine et au vert d’indocyanine sont de bons outils diagnostiques, mais le côté invasif de l’examen pose problème en ce qui concerne l’angiographie. L’OCT est l’examen de meilleure qualité et le plus reproductif pour suivre l’évolution de l’atrophie et l’OCT-A commence à se faire une place dans le diagnostic. La nouvelle classification proposée (voir tableau) se base sur l’analyse des couches rétiniennes en OCT. L’évolution de l’atrophie chez les patients atteints de DMLA est un critère clinique essentiel.

Référence :
G. Staurenghi. Classifying and staging atrophy in AMD. Euretina Session 11: AMD. Euretina 2019.

DMLA exsudative : l’inhibition du récepteur des minéralocorticoïdes, une alternative aux anti-VEGF ?

par Pauline Eymard

40 % des patients atteints de DMLA exsudative sont résistants aux anti-VEGF à 1 an et la moitié des patients développe de la fibrose sous-rétinienne dans les 2 ans sous traitement intensif par anti-VEGF. Les antagonismes des récepteurs des minéralo-corticoïdes réduisent le liquide intra- et sous-rétinien chez les patients atteints de choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) chronique. Dans un modèle de néovaisseaux choroïdiens induits par le laser chez des souris transgéniques avec invalidation spécifique du récepteur des minéralocorticoïdes (MR) dans les cellules endothéliales, l’inactivation du MR réduit le volume et l’activité des néovaisseaux. La spironolactone est aussi efficace que les anti-VEGF pour réduire les néovaisseaux choroïdiens dans ce modèle murin et les deux traitements ont une action anti-angiogénique synergique s’ils sont associés.

La spironolactone a un effet anti-angiogénique indépendant de la voie du VEGF, médié au moins en partie par la décorine. Elle exerce un effet anti-inflammatoire en réduisant la production de cytokines pro-inflammatoires. Dans une étude chez l’Homme, chez des patients atteints de DMLA exsudative avec néovaisseaux de type 1 traités mensuellement par IVT d’anti-VEGF pendant au moins 1 an et avec fluide réfractaire persistant plus de
6 mois, les auteurs ont associé les IVT mensuelles d’anti-VEGF à un traitement oral par spironolactone. Ils ont constaté une diminution significative de l’épaisseur maculaire centrale et du liquide sous-rétinien après 4 mois de traitement combiné. Ces résultats suggèrent que l’inhibition du MR pourrait être une nouvelle option thérapeutique pour les patients atteints de DMLA exsudative non répondeurs aux anti-VEGF.

Références :
• M. Zhao et al. Mineralocorticoid receptor invalidation in vascular endothelial cells prevents CNV development. Free Paper Session 10 : AMD II.
Euretina 2019.
• F. Behar-Cohen et al. Pharmacological antagonism of mineralocorticoid receptor exerts VEGF independent anti angiogenic effects: Implication for wet AMD. Euretina 2019.

Brolucizumab vs aflibercept dans la DMLA exsudative

par Pauline Eymard

Les études HAWK et HARRIER sont deux études de phase 3, comparant le brolucizumab administré en Q12 (IVT toutes les 12 semaines) à l’aflibercept administré en Q8 (IVT toutes les 8 semaines) après un traitement d’initiation de trois IVT mensuelles. À 16 semaines, il existe une non-infériorité pour la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) entre les deux molécules. À 96 semaines, entre 75 et 82 % des patients sous brolucizumab 3 ou 6 mg sont restés en Q12. Il y avait significativement moins de patients présentant des signes exsudatifs à 16 semaines sous brolucizumab que sous aflibercept. L’efficacité anatomique du brolucizumab sur l’épaisseur rétinienne rétro-fovéolaire était également supérieure à l’aflibercept aux semaines 16 et 48 et ce gain persistait à la semaine 96.

Moins de patients présentaient du liquide intrarétinien ou sous-rétinien aux semaines 16, 48 et 96 sous brolucizumab comparé à l’aflibercept. La proportion de patients avec assèchement complet était également plus importante sous brolucizumab, avec une persistance des résultats à la semaine 96 (71,3 % vs 58,8 % dans l’étude HAWK pour brolucizumab 6 mg vs aflibercept 2 mg à 96 semaines et 64,8 % vs 52,4 % dans l’étude HARRIER pour brolucizumab 6 mg vs aflibercept 2 mg à 96 semaines). Une proportion supérieure de patients présentait un assèchement pendant plus de deux ou trois visites consécutives à la semaine 96 avec le brolucizumab vs l’aflibercept.
La tolérance était bonne, avec un taux d’événements indésirables similaire entre les molécules.

Référence :
F.G. Holz et al. Visual and expanded anatomical outcomes for brolucizumab versus aflibercept in patients with nAMD: 96-week data from HAWK and HARRIER. Free paper session 10 : AMD II. Euretina 2019.

Thérapie génique et DMLA exsudative : une révolution pour les patients dépendant des IVT ?

par Pierre-Marie Plut

Les différents protocoles de traitements actuels de la DMLA exsudative, pouvant conduire à de nombreuses injections intravitréennes (IVT), sont parfois mal vécus par les patients ; en cause, un coût élevé et la répétition d’actes jugés invasifs.
Le médicament de thérapie génique RGX-314 est constitué d’un vecteur, le virus adéno-associé 8 (AAV8), auquel on a incorporé un gène codant pour un fragment d’anticorps monoclonal anti-VEGF. Une fois assimilé par les cellules rétiniennes, celles-ci produiront d’elles-mêmes l’anti-VEGF en question. L’objectif annoncé par REGENXBIO, qui développe ce produit, est de traiter la DMLA exsudative en une seule procédure, le patient synthétisant par la suite son propre traitement.
Le traitement est conçu pour être injecté dans l’espace sous-rétinien et nécessite donc une vitrectomie suivie d’un décollement postérieur du vitré peropératoire ; en effet, il a été démontré que le vitré est à l’origine d’échecs lorsque le traitement est injecté par IVT, notamment via la présence d’anticorps neutralisants.
L’essai de phase I/IIa est en cours et ses résultats intermédiaires nous ont été présentés lors du congrès Euretina 2019 : 42 patients atteints de formes sévères ont été répartis en cinq cohortes, chacune bénéficiant d’une injection sous-rétinienne à une dose différente. Il s’agissait de formes sévères, les patients ayant en moyenne reçu entre 30 et 40 IVT par le passé. Si au cours du suivi une dégradation trop importante de l’acuité visuelle ou de l’aspect en OCT était notée, un traitement de secours par IVT était réalisé. À l’issue de la première année, les résultats semblent prometteurs avec une synthétisation effective de l’anti-VEGF issu du RGX-314 en intra-oculaire, retrouvé lors des prélèvements de chambre antérieure 1 an après l’injection et de manière dose-dépendante. Cela s’accompagne d’une amélioration de l’acuité visuelle et de l’épaisseur centrale de la rétine, elles aussi dose dépendante. Enfin, les patients traités aux doses les plus fortes ont nécessité moins de traitement de secours par IVT.

Il s’agit de résultats intermédiaires, mais qui semblent ouvrir la voie pour le futur de la thérapie génique en pathologie rétinienne, notamment dans le domaine de la DMLA exsudative dont on connaît les enjeux. Les résultats définitifs seront présentés dans 1 an à l’issue de la période de suivi initial.

Référence :
Dugel P. RGX-314 gene therapy: Interim results of an ongoing Phase I/IIa study to evaluate the safety and tolerability in subjects with neovascular age-related macular degeneration. Euretina Session 3: Novelties & Late Breaking Developments in Retina & Technology. Euretina 2019.

Risque d’atrophie maculaire : plutôt treat and extend, ou pro re nata ?

par Pauline Eymard

Des données récentes rapportent que 18,3 % des patients développent de l’atrophie maculaire dans les 2 ans suivant l’initiation d’un traitement par anti-VEGF. À 5 ans, les patients avec des injections intravitréennes (IVT) en régime fixe mensuel ont un plus grand risque de développer de l’atrophie qu’en pro re nata (PRN) (administration selon les besoins). L’étude MANEX est une étude rétrospective qui comparait l’incidence et la progression de l’atrophie maculaire chez des patients naïfs traités pour une DMLA exsudative, sur les images en autofluorescence du fond d’œil des yeux traités avec des IVT d’anti-VEGF utilisant soit un régime en treat and extend (T&E), soit de pro re nata (PRN) sur 4 ans. Les zones d’autofluorescence étaient quantifiées de façon semi-automatique sur les images en autofluorescence du Spectralis®. Il n’y a pas de différence significative pour l’incidence de l’atrophie maculaire entre les régimes T&E et PRN : 19,8 % à l’initiation et 38,6 % à 4 ans pour le PRN, et 23,9 % à l’initiation et 46 % à 4 ans pour le T&E (p = 0,69). Il n’y a pas de différence statistique entre les régimes T&E et PRN dans la proportion de patients qui développent une nouvelle lésion atrophique au cours de l’étude. Le taux d’atrophie augmente dans les deux groupes au cours du temps (Fig. 1).

Figure 1 – Incidence d’atrophie maculaire sur 4 ans.

L’âge, l’acuité visuelle, l’épaisseur maculaire centrale et le type de néovaisseau n’ont pas d’impact sur l’incidence de l’atrophie maculaire. Les patients du régime treat and extend ont eu un plus grand nombre d’IVT (33,1 vs 17,5 en 4 ans pour le PRN) et ont un meilleur gain d’acuité visuelle (Fig. 2) et une plus faible épaisseur maculaire (Fig. 3) à 4 ans de façon significative par rapport au PRN. Il n’y a pas de corrélation entre le nombre d’IVT et une augmentation de l’atrophie dans cette étude.

Figure 2 – Évolution de l’acuité visuelle.

Figure 3 – Évolution de l’épaisseur maculaire.

Figure 3 – Évolution de l’épaisseur maculaire.

Référence :
Spooner K et al. Comparison of macular atrophy in eyes with neovascular age related macular degeneration treated with VEGF inhibitors using a treat and extend or a pro re nata regimen: four year results of the manex study. Free Paper Session 15. AMD III. Euretina 2019.

Étude GALAXY : aflibercept chez des patients naïfs de traitement atteints de DMLA

par Pauline Eymard

L’étude GALAXY est une réunion de données de deux études de vraie vie : PERSEUS (étude allemande prospective observationnelle) et RAINBOW (menée dans 55 centres français). L’objectif était de décrire l’efficacité des IVT d’aflibercept dans le traitement des patients atteints de DMLA exsudative naïfs.

Elle a analysé les données de 609 patients. Le critère de jugement principal était le changement d’acuité visuelle à 12 mois (Fig. 1).

Figure 1 – Évolution de l’acuité visuelle chez des patients atteints de DMLA naïfs.

L’acuité visuelle (AV) moyenne à l’initiation était de 55,9 lettres ETDRS. Le gain moyen d’AV à 12 mois était significatif et similaire entre les deux études et était de +5.0 lettres ETDRS. La proportion de patients avec une AV ≥ 70 lettres ETDRS est passé de 28,7 % à l’initiation à 43,2 % à 12 mois. Plus l’AV initiale était élevée et plus les patients étaient âgés à l’initiation, moins le changement d’AV était important à 12 mois. Plus les patients avaient reçu d’IVT, plus le gain moyen d’AV était important (mais cette donnée est à interpréter avec précaution, car les intervalles entre les IVT peuvent être influencés par d’autres facteurs). Au total, le gain d’AV avec des IVT d’aflibercept dans la DMLA exsudative est comparable aux autres études de vraie vie.

Référence :
Kodjikian L et al. The effectiveness of intravitreal aflibercept in routine clinical practice in patients with treatment naïve neovascular age related macular degeneration (nAMD): GALAXY – an integrated pooled analysis of two studies from different healthcare systems. Free Paper Session 15. AMD III. Euretina 2019.

Efficacité similaire entre le ranibizumab et l’aflibercept

par Pauline Eymard

L’étude RIVAL est une étude de phase 4, menée en Australie, sur 281 patients naïfs de traitement, randomisée, multicentrique, comparant le ranibizumab 0,5 mg à l’aflibercept 2,0 mg dans la DMLA exsudative, dans un régime treat and extend après une initiation par trois IVT mensuelles, avec point d’analyse final à 24 mois.
L’étude n’a pas trouvé de différence statistiquement significative dans le développement d’atrophie maculaire entre le ranibizumab et l’aflibercept à 24 mois. Il n’y avait pas de différence significative de gain d’acuité visuelle (AV) entre le ranibizumab et l’aflibercept (respectivement + 6,6 et + 4,6 lettres à 24 mois, p = 0,15). La proportion de patients ayant gagné plus de 15 lettres ETDRS était similaire entre le ranibizumab et l’aflibercept à 24 mois (respectivement 25 % et 19 % à 24 mois, p = 0,21). Le nombre moyen d’IVT était similaire (environ 17 à 24 mois) et les intervalles d’injection étaient similaires entre les deux molécules (environ 30 % des patients avaient un intervalle maximal de 12 semaines) (Fig. 2). Le profil de tolérance était similaire dans les deux groupes.

Figure 2 – Nombre moyen d’injections similaire et proportions similaires de patients atteignant des intervalles d’injection maximaux au moins une fois au cours de l’étude.

Référence :
Gillies M et al. Key efficacy outcomes and treatment intervals with treat and extend (TandE) ranibizumab compared to aflibercept for neovascular age related macular degeneration (nAMD): The 24 month, randomized, RIVAL study. Free Paper Session 15. AMD III. Euretina 2019.

Étude ALTAIR : traitement intravitréen par aflibercept au Japon

par Pauline Eymard

Le Dr Ohji nous a présenté les résultats à 96 semaines de l’étude ALTAIR : étude randomisée de phase 4, évaluant l’efficacité et la tolérance d’IVT d’aflibercept en régime treat and extend (T&E) avec des intervalles d’ajustement variables, dans le traitement de patients avec une DMLA exsudative, réalisée dans 42 centres japonais. Les patients recevaient trois IVT mensuelles puis étaient randomisés entre deux régimes de T&E :
– avec un ajustement de 2 semaines,
– ou avec un ajustement de 4 semaines.
L’intervalle minimal entre deux IVT entre la 16e et la 96e semaine était de 8 semaines et l’intervalle maximal de 16 semaines. Les critères d’extension, de maintien ou de raccourcissement de l’intervalle de traitement étaient similaires pour les deux groupes et bien codifiés.
Le gain moyen d’acuité visuelle à 96 semaines était similaire entre les deux régimes, entre 6,1 et 7,6 lettres ETDRS pour 2 et 4 semaines d’ajustement et la diminution d’épaisseur maculaire était également similaire entre les deux groupes.
La même proportion de patients n’avait plus de fluide à l’OCT à 96 semaines (67,5 %).
Les patients ont eu un nombre moyen d’IVT similaire entre les deux groupes (environ 10 à 96 semaines). Le dernier intervalle entre deux IVT à la fin de l’étude était similaire entre ajustements à
2 et 4 semaines (intervalle moyen respectif de 12,2 et 12,5 semaines).
Les résultats fonctionnels étaient meilleurs dans le sous-groupe de patients qui n’avaient plus de fluide à 16 semaines par rapport à ceux qui en avaient et les intervalles entre les IVT étaient plus longs dans le groupe de patients asséchés à la
16e semaine. Au total, il est donc possible de faire un ajustement de +/- 2 ou 4 semaines en régime treat and extend avec l’aflibercept pour le traitement de patients avec une DMLA exsudative. Le statut
« absence de fluide » à la 16e semaine pourrait être un facteur pronostique de l’extension de l’intervalle entre les IVT d’aflibercept.

Évolution moyenne de l’acuité visuelle et de la CRT.

Référence :
Ohji M et al. Intravitreal aflibercept treat and extend dosing for wet age related macular degeneration: Week 16 fluid status and 96 week results from the ALTAIR study. Free Paper Session 15. AMD III. Euretina 2019.

Extension potentielle à 16 semaines du faricimab

par Pauline Eymard

Le faricimab est un anticorps avec un fragment Fab différent : l’un dirigé contre l’angiopoïétine 2, et l’autre dirigé contre le VEGF-A.
L’étude STAIRWAY est un essai clinique de phase 2, multicentrique, randomisée, contrôlée, dont l’objectif était d’évaluer l’efficacité du faricimab administré à des intervalles de 12 ou 16 semaines par IVT chez des patients naïfs atteints de DMLA exsudative.
Il y avait trois régimes d’administration :
– ranibizumab 0,5 mg en IVT toutes les 4 semaines (Q4),
– faricimab 6,0 mg en IVT toutes les 12 semaines (Q12),
– et faricimab 6,0 mg en IVT toutes les 16 semaines avec intervalle flexible (Q16 flex) en fonction de l’activité de la DMLA (possibilité de repasser à un intervalle de 12 semaines si la DMLA était active à 24 semaines).
Le gain d’acuité visuelle à 52 semaines était similaire dans les deux régimes du faricimab par rapport au ranibizumab mensuel (+9,59 lettres pour ranibizumab, +10,08 lettres pour faricimab Q12 et +11,42 lettres pour faricimab Q16 flex). Il n’y avait pas de différence significative de diminution d’épaisseur rétinienne à 52 semaines.
Le profil de tolérance était satisfaisant. Les études de phase 3 du faricimab (TENAYA et LUCERNE) ont actuellement débuté. Au total, l’inhibition combinée de l’angiopoïétine 2 et du VEGF-A pourrait permettre d’allonger l’intervalle d’injection dans la DMLA exsudative. Cette étude STAIRWAY de phase 2 montre des gains d’acuité visuelle qui se maintiennent dans le temps avec une IVT toutes les 12 ou 16 semaines et une efficacité anatomique comparable au ranibizumab. 65 % des patients traités par faricimab n’ont pas de signe d’activité de la DMLA 12 semaines après la 3e IVT de la phase d’induction. Deux études de phase 3 sont en cours pour analyser l’efficacité et la tolérance du faricimab à plus grande échelle dans la DMLA.

Les gains de vision avec du faricimab Q16W et Q12W étaient comparables au ranibizumab Q4W.

Référence :
Holz FG et al. Extended q16w dosing potential for faricimab in neovascular age related macular degeneration: STAIRWAY phase 2 trial. Free Paper Session 15. AMD III. Euretina 2019 (7 septembre).