Rétine en pratique 2026 – Fluide non néovasculaire

Reconnaître et respecter le fluide non néovasculaire

Depuis déjà plus d’une décennie, un aspect de pseudokyste est décrit chez près de 25 % des patients atteints de DMLA atrophique, traduisant une dysfonction des cellules de Müller. Ce fluide non néovasculaire se situe principalement dans les couches moyennes de la rétine, sans flux à l’OCT angiographie, persiste plus de trois mois et ne répond pas aux anti-VEGF. Il revêt un aspect angulaire, de grand calibre à la différence des logettes néovasculaires qui sont plutôt de forme arrondie.

En ce qui concerne le fluide non néovasculaire sous-rétinien, il est principalement présent dans le cas de DEP, soit à son sommet, soit à sa base et est alors de forme triangulaire. Les mécanismes physiopathogéniques sont multiples, à la fois transsudatifs (altération de la fonction pompe de l’EP) et dégénératifs (altération des cellules de Müller). Dans la plupart des cas, le DEP s’affaisse ; il laisse place à une atrophie dans 50 % des cas.

“ Classiquement, on pense que le fluide dans la DMLA est synonyme d’activité néovasculaire, alors que non. Certaines DMLA se compliquent avec le fluide dont l’origine n’est pas néovasculaire : il s’accumule plutôt par une voie dégénérative ou transudative. Ce sont donc des fluides qu’on ne va pas devoir traiter par des injections intra-vitréennes, mais plutôt surveiller. ”

ALEXANDRA MIERE
Maître de conférences des universités – praticien hospitalier, Hôpital intercommunal de Créteil