Épidémiologie des endophtalmies aiguës après procédure ophtalmologique, une étude de bases de données nationales 

Les endophtalmies post-opératoires sont des infections bactériennes ou fongiques du vitré ou de l’humeur aqueuse, au pronostic sombre. 

Le but de cette étude était de décrire les causes d’endophtalmies aiguës survenant dans les 42 jours après procédure ophtalmologique, en France, entre 2009 et 2018, d’après les données médico-administratives de l’Assurance maladie. 

Les auteurs ont recensé 7 776 endophtalmies aiguës après procédure intra-oculaire chez 7 754 patients ; l’âge moyen était de 71 ans, le ratio homme-femme équilibré. 

 

 

La chirurgie de la cataracte était la première cause d’endophtalmie (deux tiers des cas), devant les injections intra-vitréennes (IVT à 17 % des cas), et la chirurgie vitréo-rétinienne (10 % des cas). Les autres chirurgies du segment antérieur (2,9 %), cornéennes (1,7 %) et du glaucome (1,2 %) étaient des causes rapportées. 

Les points remarquables concernent l’évolution sur la période étudiée : la proportion des infections liées à la chirurgie de la cataracte a notablement diminué (80 % des cas en 2009 contre 52 % en 2018), malgré l’augmentation du nombre de chirurgies réalisées. Cette baisse marquée des infections serait due à une amélioration des techniques chirurgicales (plus courtes, moins compliquées), et à l’injection intra camérulaire d’antibiotiques à large spectre en fin de procédure (céfuroxime).

En parallèle, la proportion d’endophtalmies consécutives aux IVT a quadruplé, passant de 7 % en 2009 à 31 % en 2018. Cette hausse pourrait être expliquée par l’augmentation du nombre d’injections et à leur répétition, en particulier celles de corticoïdes, plus pourvoyeuses d’endophtalmies. 

La prévalence des endophtalmies après chirurgie vitréoretinienne, quant à elle, est restée stable sur la période. Les chirurgies filtrantes ne sont la cause que d’1 % des endophtalmies, mais ce sont des endophtalmies tardives avec un délai de survenue moyen de deux ans 

Référence

D’après la présentation du Dr Florian Baudin, Hot Topics, SFO 2020.

 

Uvéite antérieure associée à l’infection aiguë par le virus Zika chez l’adulte

 

Le virus Zika existe depuis les années 50 et sévit depuis par vagues épidémiques, essentiellement dans l’hémisphère Sud. C’est une arbovirose transmise à l’homme par les moustiques du genre Aedes. Il existe une transmission materno-fœtale et une transmission sexuelle. Cette infection représente un enjeu primordial de santé publique, actuel, mais surtout futur : du fait du réchauffement climatique, les moustiques du genre Aedes s’implantent désormais en Europe, et notamment dans le sud de la France. L’infection est le plus souvent asymptomatique ou limitée à un syndrome pseudo-grippal. Il existe quelques formes graves, dont les formes congénitales (malformations sévères, retard de développement). 

Au niveau de l’œil, les formes congénitales provoquent de multiples anomalies : colobomes, atrophies choriorétiniennes, atrophies du nerf optique. Chez l’adulte, des épisclérites et des conjonctivites ont surtout été décrites ; les atteintes inflammatoires du segment antérieur sont en revanche peu évoquées.

Cette étude a pour but de décrire les caractéristiques cliniques de l’uvéite antérieure aiguë (UAA) dans une large cohorte d’adultes infectés par le virus Zika. Lors de l’épidémie de 2016, au CHU de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), 62 patients avec un diagnostic de Zika (viro ou sérologique) et se présentant pour œil rouge ont été inclus dans l’étude, rythmée par un examen ophtalmologique initial puis à M3, M6 et M12. Parmi eux, une moitié avait une uvéite à l’examen clinique (30 patients, soit 49 %).

Chez ces patients uvéitiques, la douleur était décrite comme rétro-orbitaire dans 60 % des cas contre 15 % chez les non uvéitiques. L’uvéite était volontiers de forme hypertone (83 % des cas).

L’acuité visuelle n’était pas altérée chez les patients de l’étude ; cependant une uvéite mérite d’être recherchée et traitée car fréquemment hypertone avec mise en jeu du pronostic visuel. 

La question d’un examen ophtalmologique systématique chez tous les patients infectés au virus Zika a été soulevée par les auteurs pour ne pas risquer de méconnaître des uvéites hypertones infracliniques évoluant à bas bruit.

Référence

D’après la présentation du Dr Yacine Troumani, Communication orale, SFO 2020.